Thomas Sankara disait : "Il ne faut pas vaincre le peuple, mais le convaincre". Allant inlassablement de village en village, de ville en ville, discutant, arguant, organisant, réfléchissant le chef d'Etat du Burkina-Faso était un révolutionnaire en mouvement. Mais une distance astronomique séparait la pédagogie révolutionnaire de Sankara à celle de Fidel Castro. Sankara et ses compagnons de lutte n'enflammaient guère les foules. La pédagogie du pouvoir révolutionnaire burkinabé était une pédagogie prudente, discrète, faisant une large place à la contradiction. Son axiome premier : une rigoureuse liberté de parole pour tout le peuple. Sankara avait horreur de la dictature du prolétariat, surtout de celle -répandue en Afrique- qui sert de masque à la tyrannie arbitraire et cruelles de quelques potentats...
A la tombée de la nuit du jeudi 15 octobre 1987, dans l'enclos dit de "l'Entente" (la demeure présidentielle) de Ouagadougou, des tueurs -des militaires autochtones téléguidés par l'étranger- abattirent Thomas Sankara qui, pour des millions d'africains, incarnait l'espoir d'une vie plus digne, plus juste, plus libre...
Jérôme Le Panse

